Dimanche 20 février 2011 7 20 /02 /Fév /2011 18:16

Société dont le sang s'épaissit et pourrit

Qui se meurt de la lame des inutiles combats

Qui se vide de son âme dans de vaines calomnies

Et qui s'oublit le soir, qui baise et qui boit

 

N'as-tu pas un combat pour lequel tu serais prête

A rassembler les foules autour d'un même regard

De eux qui dans le coeur des hommes font naître

Telle la lueur du jour, le plus grand des espoirs

 

Cher ami je le vois, tu ris au son de ces paroles

Sache que l'oeil du voisin est le pire des fléaux

Qui s'abat sur moi, à me rendre presque folle

Le couroux du jugement est le plus grand des maux

 

Dans la médiocrité on ne se bat que pour abaisser

Quiconque oserait un jour essayer de se dresser

A l'égale condition de valets, point de jaloux

Continuons alors ensemble à marcher dans la boue.

 

F.P

Par Lifewithwords (Faustine Pelletier) - Publié dans : Poésie
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Mercredi 9 février 2011 3 09 /02 /Fév /2011 11:47

Redresse-toi, petite fleur

Ne laisse pas le châle noir de la colère

Affaisser tes pétales

 

Les épines de la rose

La protègent du monde

Et exigent pour la saisir

Une vertu profonde

 

N'aies pas peur petite fleur

Le rouge de tes pétales a beau être sanguin

Il ne suffit à cacher la douceur de ton coeur

 

Aies courage petite fleur

Le temps te paraît long mais le temps est pour toi

Et le jour où tu fleuriras

A tous tu nous rappelleras

Que la plus belle de toutes est celle qui s'épanouit

Malgré tout, dans un champ d'orties.

 

A mes deux petites fleurs que j'aime,

Fofo

Par Lifewithwords (Faustine Pelletier) - Publié dans : Poésie
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Mercredi 24 novembre 2010 3 24 /11 /Nov /2010 12:48

 

 

Bonjour à tous mes futurs lecteurs, sachez tout d'abord que je suis très heureux que vous vous arrêtiez dans vos vaines activités pour venir m'accorder un peu de temps. Vous allez lire quelques-unes de mes « confessions », intéressantes, je l'espère.

Mais ne vous attendez pas à un grand roman d'aventure, je ne suis en effet pas quelqu'un d'exceptionnel. Je ne vis rien d'extraordinaire, je ne suis pas extravagant, je ne suis pas non plus né avec un destin incroyable qui bouleversera l'Histoire. Je n'ai même pas de talent particulier qui ferait de moi quelqu'un d'un peu spécial : je n'ai pas l'oreille musicale, je ne sais pas dessiner ni peindre, je ne fais pas de poésie, je n'ai rien à raconter, mes dix doigts ne me servent qu'à écrire sur cet ordinateur, en ce moment.

 

Je suis moi, Billy, ce qui est déjà pas mal en fin de compte. Peu de gens arrivent à être eux. Il y a ceux qui ne savent pas qui ils sont, ceux qui croient être un autre, ceux qui remettent ce qu'ils doivent être à demain, ceux qui oublient d'être quelqu'un. Moi je suis moi, plein et entier dans son vide absolu. Billy. Mais avant d'être Billy, j'étais Billy qui cherchait à ne pas être Billy. Je voulais être tout sauf Billy. J'ai fait de nombreuses recherches.

 

Un jour j'ai rencontré Samuel. En fait, non, une année j'ai rencontré Samuel. Il y rarement des rencontres entre les gens. Il y a surtout des révélations : des personnes qui se côtoient un certain temps avant de s'apercevoir que l'autre existe. Samuel était avec moi au lycée, dans ma classe de Terminale. Il était seul, très seul. Tout comme moi. Alors je suis allé le découvrir. Samuel était un artiste, un passionné. Il faisait du saxophone et adorait le jazz. Sur ses cahiers étaient griffonnées des inscription « Love Musica », « Be Jazzy »... J'étais intrigué par ces inscriptions. Nous commençâmes à manger ensemble le midi. Samuel me parlait de sa musique, de ces projets, de ces goûts. Il critiquait tel compositeur et en encensait un autre. Il paraissait sûr de sa critique. Il me racontait ses derniers essais, me faisait partager ses hésitations quant à l'achat d'un nouvel instrument. Moi je ne disais rien. J'écoutais. Sa passion me fascinait. Il ne voyait pas le monde qui tournait autour de lui, il avait son monde, indépendant, libre, autarcique. Moi je vivais dans le monde des autres. De plus, je ne créais rien. Je n'avais pas de talent, de passion derrière laquelle me réfugier et grandir. Je décidai de devenir Artiste. J'essayai la musique. Je me mis à écouter du jazz, comme Samuel. Mais je devais me rendre à l'évidence, je n'y voyais ni beauté, ni laideur, que des sons parfois plaisants qui passaient le temps. J'en parlai à Samuel, il me regarda avec dédain et ne me parla plus de sa musique. Nous ne parlâmes plus de rien d'ailleurs, car son monde autarcique était également fermé d'horizons. Samuel n'était plus capable de découvrir, il avait trouvé son truc, il lui suffisait.

Je ne devins pas artiste.

 

Billy n'existait alors plus. Il s'était perdu dans le miroir de Samuel et ne reconnaissait plus sa propre image. J'avais commencé à jouer du piano, à l'époque. Cela a duré deux ans, et la progression inexistante m'a fait arrêté. Je suis allé à la Fac. La Fac, vaste monde. Tant de liberté et de contraintes en un même lieu. J'ai fait une Fac de sciences politiques. A vrai dire, je ne savais pas trop pourquoi. Je disais que j'aimais bien « observer et comprendre la société ». Je disais aussi que je voulais faire des études générales, pour ne me fermer aucune porte. Encore le syndrome du Billy-n'est-personne. Sur les bancs des amphithéâtres, comme sur les chaises du lycée d'ailleurs, j'étais seul. Un jour je me suis assis à côté d'un garçon qui paraissait sympathique, ouvert et intéressant. Il portait une veste de costard par-dessus son t-shirt bleu, tout rentré dans son jean. Il s'appelait Thomas. Pour engager la conversation, je fis une remarque futile sur le cours que nous suivions. Thomas rétorqua que ce cours était scandaleux, que le professeur négligeait des aspects de l'argumentation, que les informations étaient triées. Thomas était engagé. Il avait dans son porte-feuille la carte du parti socialiste, et me la montra fièrement. Il me questionna sur mes opinions politiques. Je répondis qu'elles étaient surtout incertaines et que j'avais tendance à attendre le dernier moment pour me décider. Thomas m'expliqua que c'était la pire démarche à suivre. En effet, ce n'est pas en période d'élections, synonyme de période de mensonges, qu'il fallait se décider. Il fallait réfléchir avant, analyser les actes de chacun. Thomas me regarda avec compassion. Puis il m'expliqua les actions, les engagements de son parti. Il me parla de sa jeunesse au MJS, de tout ce qu'il avait accompli. Je pense que j'avais pris un air intéressé, car la fin du cours retentit et il me proposa d'aller siroter un bière dans un bar, ce que j'acceptai. Nous continuâmes à parler politique. Je n'étais ni convaincu ni rebuté par ce qu'il disait. J'avais l'impression que de sa bouche sortait une vérité qui, sans être fausse, ne faussait pas les vérités des autres.

Thomas me proposa de le suivre à une conférence, ce que je fis également. J'écoutai pendant deux longues heures le politique parler avec ferveur. Les yeux de Thomas brillaient de plaisir et d'approbation, les miens étaient ternes, éteints.

Je ne finis mon cursus de sciences politiques. A la fin de la première année, je demandai une réintégration dans un cursus plus court, plus pratique, plus professionnalisant.

 

Je me disais qu'en intégrant ce type de cursus, je pourrais entrer plus vite dans la vie professionnelle. Je me disais que les études n'étaient pas faites pour moi. Mon épanouissement ne se trouverait pas au travers d'un métier. Je devais chercher ailleurs. Alors autant que ce problème d'études soit vite réglé. Je m'inscris donc dans un IUT, en deux ans, des études de gestion. Le début de ma première année se passait bien, j'avais de bons résultats et les gens autour de moi ne paraissaient ni passionnés ni ennuyés par ce que l'on faisait. Exactement comme moi. A Noël, c'était avec plaisir que je retournai dans ma famille pour les fêtes.

Mon oncle Laurent était là. Je ne l'avais pas vu depuis longtemps. La dernière fois, c'était lorsque mes premières dents commençaient à tomber. Nous nous retrouvâmes en face l'un de l'autre, à table. Il me questionna sur mes études. Je lui indiquai mon cursus. Il paraissait sceptique et prit un air grave. En ne me regardant pas, mais comme absorbé par ses propres pensées, il me donna une des pires leçons de mon existence :

« Tu sais, Billy, dans la vie, il y a deux types de personnes. Les premières conçoivent, décident, donnent forme à la société, les secondes appliquent, profitent ou subissent. ».

« Tu as toujours été intelligent, me semble-t-il, avec des bons résultats. Pourquoi ne vises-tu pas plus haut ? »

Plus haut, ce fût le nouveau concept de ma vie. Une idée avait germé en moi, mon oncle en avait planté la graine. Je n'étais pas ambitieux, je ne visais toujours que le moyen, alors que je pouvais faire beaucoup plus. Je ne devais pas me contenter du bien, je devais tendre vers l'excellent. Ainsi, à la fin de ma deuxième année, je m'inscris aux concours des écoles de commerce, tremplins vers la réussite vide de sens. Je fus admis dans une école située à Lille, mais qui ne portait pas le nom d'edhec.

 

J'étais heureux. J'avais changé du tout au tout. Mes années d'école furent les plus belles de ma vie. J'étais tellement occupé que je n'avais plus le temps de penser et de me torturer l'esprit avec le Billy que je voulais être. Je profitai complètement de cette période. Je fus ensuite engagé dans un cabinet d'audit lillois, où l'on me rémunérait grassement.

Mais l'euphorie,comme cela devait arriver, retomba. Et je me retrouvai à nouveau, seul, perdu dans le miroir du faux Billy. Qu'avais-je accompli ? J'avais une bonne situation, enviable même. Mais je n'avais pas atteint le niveau d'excellence que je désirais tant. Qu'est-ce qui me définissait ? Je m'étais mis au dessein pendant ma scolarité à l'école. J'avais acquis un niveau respectable. Mais cette activité ne me gratifiait pas du sentiment de l'œuvre accomplie. J'étais seul, et sans enfants qui plus est.

 

La torture fût longue et douloureuse. Je vivais un quotidien morne sous ses allures de fête et d'opulence. Un soir, je rencontrai Lucie alors que nous dansions en boîte de nuit. Nous échangeâmes nos numéros, et le surlendemain soir, nous parlions tranquillement autour d'un punch. Elle venait tout juste de sortir de l'école d'avocats, et avaient décroché un premier emploi à Lille. Elle adorait le cinéma romantique et les livres qui font pleurer. Je me présentai comme quelqu'un aimant voyager. Il est vrai que cela ne me déplaisait pas. Je lui dis qu'un jour, j'aimerais m'engager dans une cause humanitaire. Elle me répondit : « Pourquoi, un jour ? Il faut être ce qu'on veut être, et l'être maintenant ». « Oui mais, répondis-je, devons-nous être ce que l'on veut être ou ce que l'on est ? ». « Les deux, ils sont liés. Tes envies te définissent. »

Mes envies. Quelles étaient-elles ? Profiter de la vie avant de mourir, me dis-je. Il m'avait fallu quelques minutes avant de trouver cette première envie.

Je suis devenu Billy, ennuyeux, banal, mais Billy.

 

F.P

23/11/10

Par Lifewithwords (Faustine Pelletier) - Publié dans : Prose
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Lundi 1 novembre 2010 1 01 /11 /Nov /2010 17:12

 

 

Et il s'avance devant la foule éblouie. Son talent, son génie, transpirent jusqu'aux auréoles, et il faut une bonne dose de sang-froid pour garder les yeux ouverts.

 

Les gens hurlent le nom de l'Inconnu, trop lointain pour nos infimes sens que ce personnage, nous ne pouvons que sentir le monde qui nous sépare.

 

Plus clairvoyant que tous, les sens aiguisés et à l'affût, il ressent notre désarroi, notre épouvantable errance dans cet affreux monde plein de matérialisme et d'utilitarisme puants, qui peine à prendre le temps de simplement admirer a beauté des choses, et qui a peur de l'avenir et de tout ce qui s'en suit.

 

Alors sereinement, l'Artiste prend le micro, son âme aux prises avec le sentiment qu'il affronte là son destin, qu'il s'apprête à exprimer sa raison d'être. Et dans sa tête il se congratule de s'être façonné ainsi, et du devoir qu'il s'est donné de transmettre tout ce qu'il a compris.

 

La foule, le regard plein d'espoir de pouvoir enfin consommer ce savoir, retient son souffle.

 

Alors l'Artiste, en grand Môssieur qu'il est et sentant le rythme ralenti des neurones de ses sujets, commence avec philosophie. Il se présente.

 

"My name is Jack.

And I'm twenty

Years Old".

 

[Pour des raisons pratiques, et dans un souci de ne pas trop submerger ses lecteurs de paroles à l'intelligence insolente, l'auteur a préféré couper la fin de la chanson.]

 

La foule à présent en délire de connaître un peu mieux cet être si particulier qui semble avoir acquis une place VIP au monde du Beau et du Vrai, réclame plus amples explications.

Le batteur indique la venue future d'une révélation. L'Artiste enchaîne.

 

"I've spent all my life walking on dirty streets

Wondering why God put Me among you.

One day, looking at my mirror, I understood my mission.

So now I'm here, singing in front of you."

 

Sa voix suave traverse la salle et la leçon de ces mots vient percer les tympans des auditeurs fascinés.

C'est à présent son âme qui survole leurs têtes, et ils s'en abreuvent comme pour combler un vide.

 

Et ils ressortent de là, enchantés.

Par Lifewithwords (Faustine Pelletier) - Publié dans : Prose
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  • : 18/02/2009
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  • : On dit que le texte parfait est celui que nul n'a besoin de défendre. Etant loin de la perfection, je serais ravie de recevoir des critiques qui pourront me faire avancer. Et éventuellement, défendre mes textes, les expliquer. Tout celaen vue d'améliorer le tout.

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  • 10/01/1992

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