Mercredi 18 février 2009 3 18 /02 /Fév /2009 12:05
Vieux texte, 2007, mais une affection particulière.



 

Comment ?

Oubliée

Cette insouciance

Passée


Tic Tac Tic Tac


La vie

Eternelle

Les gens

Immortels


Tic Tac Tic


Les yeux

Qui brillent

Les pleurs

Faciles


Tic Tac


L'envie

Surtout

Et rire

Beaucoup


Tic


Trop tard !

Je ne sais plus


Tac


Déjà

Je suis perdue


L'enfant est grand

Et plus jamais

Ne sera

Insouciant...

Par Faustine - Publié dans : Poésie
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Mercredi 18 février 2009 3 18 /02 /Fév /2009 12:01
Diverses anecdotes. Toutes véridiques et autobiographiques. (2008)


Souvenirs d’enfance # 1 #


C’était mardi soir, le jour du cathé. La seule chose que j’aimais bien au cathé, c’était le vendeur de bonbons qu’il y avait dans le hall. J’amenais toujours deux, trois francs pour pouvoir acheter mes bonbons fétiches, les langues de chat. Ces longs rubans de sucre qui finissaient toujours par me brûler la langue parce que j’en abusais. C’était le souhait de mes parents que je reçoive une éducation chrétienne. Je l’ai suivie bien comme il faut, j’ai fait tous les sacrements que j’avais à faire. Mais je n’ai compris le sens de tout ça que par la suite, et encore aujourd’hui les questions à ce sujet n’obtiennent jamais de réponses complètement affirmatives.

Je marchais donc, la main dans celle de ma mère. On était pressées comme souvent, car maman, comme toutes les mamans, n’était jamais à l’heure. Je me sentais tirée vers l’avant mais mon regard se portait sur ma droite, et mes jambes ralentissaient. Un vieux clochard dormait là. Il était toujours là. Il avait un vieux gilet gris, et une longue barbe. Il avait tellement de crasse sur le visage qu’on ne discernait pas ses sourcils. Il était entouré de vieux cartons et de draps. Il devait vivre là à plein temps. A ses pieds se multipliaient les pots de yaourt vides. Il me regardait d’un air tellement absent. Je finis par oser demander à maman : « Dis, maman… Est-ce que je pourrais, enfin… juste donner une petite pièce au monsieur ? ». Elle hésita un instant. Elle m’emmenait au cathé, où les mots générosité et miséricorde sont répétés inlassablement. Elle acquiesça. Je m’avançai prudemment, comme s’il était un animal sauvage. Je lançai la pièce dans le chapeau presque vide. Il leva à peine la tête. Je retournai en courant près de ma mère, l’embrassai et pénétrai dans le bâtiment. Tout le monde était déjà là pour le cathé. La séance me parût moins longue que d’habitude. En sortant, ma copine Alix m’interpella :

« Dis-donc, t’as vu le clochard dehors ? Moi je vais lui donner une pièce, j’en ai amenée une exprès.

- Moi je lui ai donnée une toute à l’heure déjà.

- Ouais, mais tu peux lui en redonner une là, ça te fera quoi à toi ?

- Oui, je sais ! »

Elle commençait à m’énerver. Je sortis. Une nouvelle fois je demandai à maman :

« Je peux lui donner encore quelque chose, dis ? »

Elle accepta une nouvelle fois, après une hésitation beaucoup plus marquée cependant. Cette fois-ci je m’avançai avec plus d’assurance. Après, tout je me disais qu’il n’était pas un animal sauvage, et que maman était là. Je le regardai plus attentivement. Mais pas trop quand même, je ne voulais pas le gêner. Je m’apprêtais à lâcher là pièce au-dessus du chapeau quand mes yeux se posèrent sous un des draps. Je vis une dizaine de bouteille de vin vides, à moitié cassées. Je serrai la pièce dans ma main et reprit mon chemin.


Souvenirs d’enfance # 2 #


Enfin, c’était la récré du matin ! Cela faisait deux heures que je m’ennuyais à mourir. On sortit avec Loane, presque en courant. On s’installa sur un banc pour discuter. Je voulais lui parler de Benjamin, il m’avait envoyé un mot en classe. Mais Maxime arriva. Je ne l’aimais pas celui-là, c’était un gros lourdaud qui se prenait pour une racaille.

« Ca va les filles ?

- Ouais.

- Vous êtes pas avec les autres débiles là, Benjamin et Alex ?

- Non, qu’est ce que ça peut te faire ?

- Rien. Mais s’ils me font chier encore ceux-là, j’ai amené un briquet.

- Un briquet ? Mais c’est interdit !, lança Loane.

- C’est ça, fais voir, répondis-je.

- Jamais, j’ai pas envie de me faire choper par la pionne !

- Allez, on ne dira rien ! Continuai-je.

- Non.

- Allez ! »

Il sortit son briquet et agita la flamme sous nos yeux. Nous fîmes un écart, on ne pensait pas qu’il allait l’allumer. Ca semblait le faire rire. Mais il le remballa aussitôt et partit en riant. Loane se leva et nous nous dirigeâmes vers la maîtresse. Elle dénonça Maxime pour le briquet. Il se fît punir. Je ressentais deux choses : la première, j’étais contente, ça lui apprendrait à rire de nous, et à vouloir faire du mal à Benjamin. La deuxième, celle qui a perduré aujourd’hui, l’impression d’avoir été à ce moment-là une grosse salope.


Souvenirs d’enfance # 3 #


J’étais en 6ème, j’avais 9 ans. C’était un jeudi, et on rentrait en cours d’arts plastiques. Pierre, qui habitait à côté de chez moi, me détestait. Avant on avait été amis, mais ce n’était plus le cas. Nous rentrâmes dans la grande salle, les tables étaient disposées en carré. Je m’assis dans un coin. Pierre se plaça à côté de moi, je voulais aller ailleurs mais tout était déjà pris. J’avais peur. Hier soir, ma mère nous avait ramenés tous les deux du collège, elle ne savait pas qu’on n’était plus amis. Il n’avait pas arrêté de me rentrer ses genoux dans le dos à travers le siège. A peine fût-il sorti, je lui donnai un grand coup de pied au cul en lui hurlant de sortir de chez moi. En rentrant à la maison, j’avais reçu la plus grosse baffe que ma mère m’eût jamais donnée.

Thomas, son grand copain, s’était assis de mon autre côté. Ils ne faisaient rien. La prof nous donna la consigne. Je pris mon crayon gris et commença à dessiner. Je dessinais toujours en gris, cela navrait la prof. A posteriori, je me dis qu’elle devait sentir que je n’étais pas bien.

Pierre m’effleura la joue :

« Elle t’a pas trop fait mal ta maman ? Comment t’as réagi quand elle t’a baffée, c’était trop marrant ! »

Ils ricanèrent. Cet idiot avait du se cacher dans les buissons après que je l’eus viré de chez moi. Et il avait tout vu.

« Et toi, répondis-je, c’est pas toi qui crie ‘non papaaaa, arrêêteee’ quand il te baffe ? »

C’était la vérité, je me rappelle de lui criant comme une fille. Il devînt furieux. Il attrapa ma trousse et la lança à Thomas qui l’attrapa au vol. La moitié des affaires s’éparpillèrent sur le sol. J’essayais de les ramasser, mais ils étaient plus rapides et s’amusaient à se les balancer au-dessus de moi. Bientôt les quatre ou cinq personnes autour prirent part au jeu. Je n’essayais même pas de les attraper. Ca ne servait à rien. Je continuais à dessiner. Et surtout, je ne voulais pas pleurer.

Je n’ai jamais pleuré devant eux, jamais, et ça a duré un an.


Souvenirs d’enfance # 4 #


C’était je jour de ma réunion parents-prof de 6ème. Cela se passerait le soir après les cours. On était l’après-midi, et nous attendions en «rang» la prof de maths. Soudain, je sentais une main me pousser vers l’avant. Je percutai Pierre de plein fouet. Il se retourna avec la rage dans les yeux. Il me repoussa d’une telle violence que je tombais à la renverse, heureusement, mon sac amortit le choc, mais pas les coups de pied qui commençaient à pleuvoir. Je ne me souviens pas d’avoir eu mal, juste d’avoir essayé de me défendre. Mais je ressens encore l’énorme solitude qu’on éprouve dans ce genre de situation, quand tout le monde vous regarde mais que personne, personne ne bouge le petit doigt. C’est à eux que j’en veux le plus, à tous ceux qui n’ont rien fait.


Souvenirs d’enfance # 5 #


C’était le dernier jour de la colo. Je n’allais plus voir Loïc. On était là, assis dans l’herbe, avec Hugo, son meilleur pote. On commença à chahuter.

« Rends-moi ça, dit Loïc.

- Non ! »

Il essaya de m’attraper et on roula par terre. Il tentait de reprendre ce qui lui appartenait. Tout à coup, le sang gicla sur mon T-shirt. J’avais reçu son poing dans la figure comme on dit.

« Purée, mais t’es trop maladroit toi ! » cria Hugo.

On vînt me soigner. Ca saignait fort, mais le nez n’était pas cassé. Loïc ne disait rien. Il était livide. Avec un gros coton dans le nez, je retournai auprès de lui.

« Tu vas m’en vouloir…, dit-il. J’ai pas fait exprès, j’te jure ! J’suis vraiment désolé… J’voudrais pas qu’on se quitte comme ça…

- Mais non, je ne t’en veux pas ! »

En fait, je lui en voulais. C’est vrai quoi, il ne pouvait pas faire attention ? Mais il était sincère alors je lui pardonnai.

« On ne va pas s’oublier, hein ? » Il avait un air implorant.

Non, avec ça, je ne t’oublierai pas, c’est certain.

Par Faustine - Publié dans : Prose
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Mercredi 18 février 2009 3 18 /02 /Fév /2009 12:01
Pour rire.



 

J'aime ce paysage.
Au milieu on peut par moment distinguer une grande cascade qui se jette avec frénésie dans un bassin couleur soleil. Aux aurores, on peut encore apercevoir la brume faire corps avec cette eau si pure.
L'on peut voir de temps en temps un rocher pointant le bout de son nez, mais rarement.
De loin, cela semble être un paysage paisible, reposant. Mais lorsqu'on y regarde de plus près, et avec un peu de chance, on peut parfois distinguer de petites formes gesticulant, se tordant avec une souplesse et une grâce inégalables.
D'autres fois on dirait que la boue a pris possession de ces lieux, et l'on n'y distingue plus rien. De temps à autres quelques feuilles viennent s'y poser, arrachées par la main si rude, du vent.


Ce paysage me semble encore plus splendide la nuit. L'obscurité se fait alors sur la cascade. On peut alors nettement distinguer la Voie Lactée, cette trainée si fascinante. Et lorsque revient le jour, on la voit s'éloigner peu à peu...


Mais il arrive que ce paysage ressemble plus à l'enfer... En effet, quelques fois, la pluie s'abat soudainement, accompagnée d'un brouillard épais couleur ciel. Alors une tempête fait rage, arrachant des arbres entiers, faisant couler la terre, provoquant des éboulements. Et la cascade si paisible se transforme en furie, déversant, encore et toujours, essayant de résister à cette tempête, elle s'entête, elle tombe, se débat, l'eau gicle, l'eau frappe, et le bassin n'est plus qu'une vaste poubelle...



Malgré tout, cela reste mon endroit préféré, l'endroit rêvé, un lieu de contemplation inouï. J'aimerais tellement passer ne serait-ce qu'une journée au milieu de ce halo de splendeur... Mais je suis et demeurerai incompris...



Personne d'autre que moi n'a jamais rêvé de vivre dans des chiottes...

Par Faustine - Publié dans : Prose
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Mercredi 18 février 2009 3 18 /02 /Fév /2009 11:51
J'ai pas toujours été super heureuse au collège / lycée. Mais je le prends avec humour. Ce que vous allez lire là est un vieux texte (2007). Il n'est pas autobiographique je vous rassure (enfin presque). Il a fait suite à un sujet d'actu.



 

Mon nom est Elias. Drôle de nom n'est ce pas ? Ce sont les deux énergumènes qui se présentent sous le pseudonyme de " parents " qui m'en ont affublé. J'aime pas ce nom. Il est trop court. En plus il est diphtongual, et j'aime pas la diphtongualité. Mais cela fait 18 ans que je vis avec ce nom. Alors je m'en suis accoutumé.


Je pourrais bien vous décrire mon aspect physique. Mais il est profondément ennuyeux. Je suis plutôt beau, ça je ne peux pas m'empêcher de le préciser. J'ai fait deux années de muscu qui ont été très bénéfiques pour mon triceps droit. J'ai aussi les pouces très forts. La muscu des pouces, c'est très important. Le meilleur exercice : GTA3 Vice City sur PlayStation2. J'aime beaucoup ce jeu. Pour la simple et bonne raison qu'il n'a pas le défaut majeur de tous les autres jeux : les règles.

Mais je ne me qualifierais pas de " mordu de jeux ". Ca ce sont les espèces d'avorton qui passent leurs journées devant écran en sirotant une bière et qui bandent devant la photo d'Adriana Karembeu. J'aime pas ce genre de gars.


Non, ça c'est pas ma caste. Je suis plutôt le genre sportif. J'ai toujours aimé jouer au football pendant les pauses. Ce jeu, qu'on appelle communément football parce qu'il y a des buts et un ballon comme à la TV, s'éloigne pourtant beaucoup du foot qu'on a l'habitude de voir. Là c'est chacun pour soi, c'est un concours du plus beau geste. Peu importe l'équipe gagnante, l'important c'est le joueur qui se sera fait remarquer par la fille qui traîne pas loin. Vous voyez de quelle fille je veux parler ? Celle qui parlera toujours plus fort que la moyenne, qui éclatera de rire qui sonnera si faux qu'il donnera la nausée. C'est ce même genre de fille qui s'arrangera pour ramasser quelque chose tombé par terre, laissant entrevoir un string ou un tatouage toujours très suggestif. C'est une fille que l'on qualifiera de " bonne, chaude,... " et qui se chargera de nous dépuceler tous un à un. J'aime pas ce genre de fille.


Tout ça c'était le collège. Maintenant je suis au lycée. J'ai découvert ce que c'était que la liberté. Je suis beau, je l'ai déjà dit. Je plais aux filles. Je leur plais seulement. Parce qu'elles ne veulent pas s'embarrasser d'un garçon timide comme moi. Moi je suis le bon blagueur, qui joue au foot et aux jeux vidéos, qui sort avec mes potes voir le dernier film de Tarantino. Je n'ai pas le temps de me taper des nanas. C'est un choix. Je les vois bien, ceux que j'appelle les " crooners ". Ils sont bien coiffés et s'habillent bien, jamais trop engagé dans un style pour toucher un plus large public. C'est le genre de gars qui a toujours un sourire sur les lèvres, qui sait toujours sortir la remarque drôle en cours. C'est le gars qui te parlera du grand amour de la même façon chaque jour, en changeant juste la fille... J'aime pas les crooners.


Ils ne fument pas en général. Le plus farouche concurrent du crooner est souvent ce que j'appellerai le fumeur moyen. Ce gars-là paraît sombre, profond même. Notez l'emploi du verbe paraître s'il vous plaît. Il a une démarche lente mais assurée. Il tapote sa cigarette du bout du doigt. Il le fait machinalement, comme s'il n'y pensait pas. Le fumeur moyen est toujours préoccupé par quelque chose lorsqu'il fume. Peut-être pour oublier qu'il fume ? Ce gars là c'est aussi celui qui s'arrangera toujours pour cracher lorsqu'il arrive à ta hauteur. De l'autre côté bien sûr. En général il ne crache rien, Il ressent ce geste comme une affirmation de lui-même. J'aimerais pas fumer.


J'aime me dire que je suis quelqu'un de cool. Seulement au lycée, les gens cools, ils sont pas comme moi. Le cool porte mal son nom. Il semble déluré mais il n'en est rien. Son pantalon qui descend jusqu'en bas des fesses comme s'il avait oublier la ceinture, il a passé 10 minutes ce matin pour le faire tenir en place. Il a toujours un pull de deux tailles au-dessus de la sienne. Il marche d'une manière qu'on appelle cool. Il faut comprendre par là une démarche où les pieds traînent, les mains sont fourrées dans les poches, les hanches font de petits mouvements saccadés de gauche à droite, la tête de bas en haut, les yeux un roulé-boulé (expliqué par le shit du matin, le plus dur). Ce genre de gars il ne fait rien. Il ne travaille pas, il n'apprend pas. Mais il est très engagé politiquement. C'est un fervent défenseur de la démocratie et de tous les droits possibles et imaginables. C'est toujours lui aussi, qui te donnera des leçons et qui passera finalement pour le gars intelligent. C'est lui qui va t'expliquer que la France va mal, que la société est en péril, qu'on ne fait rien pour insérer les jeunes et que la discrimination va bon plein. J'aime pas les gars cools.


Un matin je me suis réveillé, de bonne humeur. J'ai enfilé mes pantoufles et je suis descendu prendre mon petit déjeuner. J'ai avalé un bol de céréales. Je me suis ensuite rapidement habillé. Je me suis rasé, je voulais paraître net ce jour-là. J'ai peigné mes cheveux aussi bien que possible et j'ai quitté la maison.

Sur le chemin j'ai croisé Jeanne. Nous avons discuté. On discute toujours bien le matin avec Jeanne. On se moque des crooners, des fumeurs et autres... Elle partage ma vision, à peu de choses près. Elle n'est pas heureuse la Jeanne. Son nombre d'échecs amoureux ne se compte plus sur les doigts des deux mains. Elle a quelques copines, qui ne manqueront pas de la lâcher le jour où elle aura quelque difficulté avec la bande considérée comme la plus sympa. C'est ça les filles, et ce qu'elles appellent la solidarité féminie. Jeanne fait beaucoup d'efforts pour se maquiller pourtant, pour plaire, elle s'habille chaque jour avec une jupe plus courte. Mais rien n'y fait. Elle ne comprend pas pourquoi. J'aimerais bien lui dire " t'es pas du genre à baiser, c'est pour ça ". Mais je ne pense pas que ce serait la solution appropriée. Le lendemain, soit elle déprimerait sec, soit elle baiserait. Aucune des deux solutions ne lui allait. Jeanne c'est la pauvre fille, qu'on a tous connu. J'aime Jeanne.


J'ai franchi les portes du lycée avec elle. Nous nous sommes chacun dirigés vers notre salle de classe. J'ai attendu la sonnerie de dix heures pour passer enfin à l'action. L'action que j'attends depuis si longtemps, que j'ai planifiée, préparée, rêvée chaque nuit. Je me suis lancé du bout du couloir. Je l'ai sorti, le pistolet de mon père. J'ai dégommé d'avord le mordu de jeux. Comme il le fait lui-même tous les soirs dans GTA3. Là non plus, il n'y a pas de règles. Sa tête a valsé en arrière. Game Over, pas de deuxième vie. Puis la fille au string, j'lui en ai mis une au milieu du dos, elle aura du mal à se baisser à présent ! Le crooner regardait d'un air ébahi, j'lui ai enfin ôté son sourire de ses lèvres. Il a quand même réussi à crever avec classe ce salaud, en tombant lentement, en ayant le temps de fermer les yeux, mettant la main sur le coeur, sous les yeux de sa copine affolée. Le fumeur moyen a craché vraiment cette fois-ci, un jet de sang est sorti de sa bouche avec ses dents jaunies et son haleine puante. J'ai tiré sur un gars cool. J'suis sûr qu'on dira de lui qu'il ne demandait rien à personne, qu'il aimait juste la vie avec tous ses plaisirs. Enfin, j'ai tué Jeanne. Jeanne elle ne mérite pas de vivre dans ce monde de brute. Elle a sa place ailleures. Elle sera beaucoup plus heureuse, là pour l'instant elle a peur, mais dans quelques secondes elle sera totalement libérée.

Puis j'ai mis fin à mes jours. Moi, le gars gentil, marrant, ni d'un groupe ni d'un autre.


Et dans le journal demain, on se demandera comment une telle folie a pu envahir un être aussi normal en apparence. On cherchera des explications derrière la musique, la classe sociale, les parents... Moi je ris.

 

Par Faustine - Publié dans : Prose
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  • : 18/02/2009
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